L’essentiel à retenir
- Le mâchefer est un résidu solide issu de la combustion des déchets dans les centres d’incinération.
- En France, environ 3 millions de tonnes de mâchefers sont produites chaque année.
- Avant tout usage, les mâchefers doivent être traités et classifiés selon l’arrêté du 18 novembre 2011.
- Les mâchefers valorisés servent principalement en sous-couche routière et en remblai technique.
Le mâchefer est un résidu solide issu de la combustion des déchets dans les centres d’incinération. Ce matériau grisâtre représente 25 à 30 % du poids initial des ordures incinérées, et sa gestion est encadrée par des textes réglementaires précis en France. Selon la filière de traitement retenue, ces résidus rejoignent soit une filière routière, soit une installation de stockage.
Qu’est-ce que le mâchefer et d’où vient-il ?
À la sortie du four d’incinération, les mâchefers se présentent sous forme de scories hétérogènes mêlant cendres et métaux et des fragments de matériaux partiellement brûlés. Leur couleur varie du gris sombre au brun selon la nature des déchets traités et la température atteinte lors de la combustion.
On distingue deux grandes origines pour ces résidus : l’incinération des ordures ménagères d’un côté, et la combustion du charbon dans les centrales thermiques de l’autre. Dans ce second cas, on parle parfois de cendres volantes, mais le terme mâchefer reste le plus utilisé dans le domaine professionnel.
Ces matériaux se différencient aussi par leur composition chimique variable. Un mâchefer issu d’une usine d’incinération de déchets ménagers contient généralement du silicium, du calcium et de l’aluminium, mais aussi des traces de métaux lourds comme le plomb, le zinc ou le cadmium.
Quelle est la composition précise des mâchefers d’incinération ?
Les mâchefers d’incinération d’ordures ménagères (MIOM) présentent une composition hétérogène qui dépend directement des déchets brûlés. On y retrouve typiquement :
- Des métaux ferreux et non ferreux récupérables (fer, aluminium, cuivre)
- Des inertes minéraux (verre, céramique, sable fondu)
- Des résidus organiques incomplètement brûlés
- Des sels solubles et des traces de métaux lourds
Cette composition explique pourquoi les mâchefers sont classés comme déchets potentiellement dangereux avant traitement. La présence de chlorures et de sulfates peut provoquer des lixiviats — des liquides contaminants — si ces matériaux entrent en contact avec les eaux souterraines.
Comment se déroule le traitement des mâchefers ?
Avant toute valorisation ou mise en décharge, les mâchefers doivent suivre un processus de traitement rigoureusement encadré. Voici les étapes habituelles de la filière :
- Refroidissement et extraction : à la sortie du four, les résidus tombent dans un bain d’eau pour refroidissement immédiat.
- Maturation en andains : les mâchefers sont stockés pendant 4 à 6 semaines pour permettre la stabilisation chimique et la réduction du carbone résiduel.
- Tri magnétique : des séparateurs magnétiques récupèrent les métaux ferreux ; d’autres systèmes extraient les métaux non ferreux comme l’aluminium ou le cuivre.
- Criblage et granulométrie : le matériau est tamisé pour obtenir des fractions homogènes, utilisables selon les normes en vigueur.
- Analyse et classement : un test de lixiviation détermine si les mâchefers maturés sont classés “V” (valorisables), “M” (à mettre en décharge) ou “S” (inertes).
- Valorisation ou élimination : selon les résultats, le matériau rejoint une filière routière ou une installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND).
Ce traitement obéit à l’arrêté de 2011 qui fixe les conditions de sortie du statut de déchet pour les mâchefers. En 2026, la filière continue d’évoluer vers davantage de valorisation matière et moins d’enfouissement.
Quels sont les usages possibles des mâchefers valorisés ?
Une fois traités et classés valorisables, les mâchefers trouvent leur principal débouché dans le secteur de la construction routière. Ils remplacent les granulats naturels dans les couches de forme et les sous-couches de chaussées, réduisant la pression sur les ressources minérales non renouvelables.
L’usage en remblai technique est aussi fréquent : les mâchefers stabilisés servent à combler des tranchées ou à former des terrassements. Certains projets d’aménagement urbain les intègrent comme substitut partiel aux matériaux inertes classiques. Si les matériaux alternatifs et leurs contraintes vous intéressent, l’article sur les inconvénients de la moquette de pierre montre bien comment anticiper les risques avant tout choix de matériau.
En France, environ 3 millions de tonnes de mâchefers sont produites chaque année. Une large part est aujourd’hui valorisée en technique routière, ce qui en fait un des rares exemples de déchets industriels massivement réintégrés dans le cycle des matériaux de construction.
Le mâchefer est-il un matériau dangereux ?
La réponse n’est pas binaire. Les mâchefers bruts, non maturés, contiennent des substances susceptibles de migrer vers les sols et les nappes phréatiques. C’est pourquoi ils sont soumis à une procédure de classification rigoureuse avant tout usage extérieur.
Les risques varient selon le contexte d’exposition. En milieu confiné ou lors de travaux de déconstruction d’anciens remblais, les poussières de mâchefer présentent un risque respiratoire réel. Les ouvriers du BTP sur des chantiers historiques doivent en tenir compte dans leur évaluation des risques professionnels.
Pour les riverains d’une installation de stockage ou d’une voie construite avec ces résidus, le risque reste faible si les règles de mise en œuvre ont été respectées. La perception du danger dépasse souvent la réalité mesurée — à l’image de la mygale de Provence, dont la réputation de dangerosité ne reflète pas toujours les faits scientifiques.
Quelle est la réglementation française sur les mâchefers ?
La réglementation française encadre strictement la gestion des mâchefers. L’arrêté de novembre 2011 constitue la pierre angulaire du dispositif : il définit les critères de sortie du statut de déchet et les conditions d’utilisation en technique routière.
Les seuils de lixiviation fixés dans cet arrêté distinguent trois classes de mâchefers : ceux valorisables sans restriction, ceux valorisables sous conditions et ceux à éliminer en installation classée. Les installations d’incinération sont elles-mêmes soumises à des arrêtés préfectoraux qui précisent les modalités de gestion des résidus sur site.
En 2026, la directive européenne sur les déchets continue d’influencer la réglementation nationale, avec un objectif croissant de valorisation matière et une réduction progressive de l’enfouissement des résidus de combustion industrielle.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un mâchefer ?
Un mâchefer est un résidu solide obtenu après la combustion de déchets dans un four d’incinération ou lors de la combustion du charbon. Ce matériau hétérogène contient des inertes minéraux et métaux, avec des traces de substances potentiellement polluantes. Avant tout usage, il doit être traité et classifié selon sa teneur en polluants lixiviables.
Le mâchefer est-il dangereux pour la santé ?
Le mâchefer brut présente des risques, notamment par inhalation de poussières lors de travaux ou par migration de polluants vers les eaux souterraines. Une fois correctement traité et classifié selon l’arrêté de 2011, le matériau valorisable est considéré sans danger notable pour les riverains, à condition que les règles de mise en œuvre soient strictement respectées.
Qu’est-ce que le mâchefer ?
Le mâchefer désigne les résidus solides issus de l’incinération des déchets ménagers ou de la combustion industrielle (charbon, biomasse). En France, les mâchefers d’incinération d’ordures ménagères représentent environ 3 millions de tonnes par an. Après maturation et tri, une grande partie est valorisée en sous-couche routière.
Qu’est-ce qu’un mur en mâchefer ?
Un mur en mâchefer est une construction traditionnelle, surtout présente dans le nord de la France et les régions minières, utilisant des résidus de combustion du charbon compressés ou agglomérés comme matériau de maçonnerie. Ces murs anciens, souvent bâtis aux XIXe et XXe siècles, contiennent souvent des métaux lourds à surveiller lors de travaux de rénovation ou de déconstruction.

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